Les espaces verts influencent-ils la vie et la santé des citadins ?

Jardin partagéà Marseille © S. Guillermain-Ville de Marseille

06 Oct Les espaces verts influencent-ils la vie et la santé des citadins ?

8 Français sur 10 souhaiteraient habiter près d’un espace vert. Un chiffre qui n’a rien d’étonnant si ce n’est que les citoyens qui fréquenteraient les espaces verts se sentiraient plus jeunes de 5 ans en moyenne et auraient une meilleur santé… C’est l’un des points qui ressort d’une étude commandée par l’Unep-les Entreprises du Paysage et effectuée par le Cabinet Asterès sur les espaces verts urbains. Etude qui permet également d’aboutir à 3 propositions émises par l’Unep pour soutenir le développement de parcs et jardins en ville.

Les espaces verts urbains : de multiples avantages

Suivant un sondage Unep-Ifop 2016, la demande d’espaces verts arrive en tête des demandes de services publics locaux. Dans un contexte de budget municipal limité, 61 % des répondants à l’enquête ont privilégié la création d’un parc, d’un square, d’un jardin public ou d’un terrain de sport. Et pour cause, selon la dernière étude du mois de mai 2016 commandée par l’Union nationale des entreprises du paysage, soit 28 600 entreprises, au Cabinet Asterès, les espaces verts urbains aideraient à vivre mieux et à dynamiser l’économie locale. Mais les résultats de cette étude sont surtout pour Catherine Muller, présidente de L’Unep-Entreprises du Paysage, la démonstration qu’il est temps d’agir. L’Unep aimerait ainsi que soient mis en place : la création d’une association d’élus sensibles à l’importance du végétal en ville, l’obligation de prévoir des espaces verts dans tous les programmes d’aménagements urbains dès les permis de construire, ou encore l’instauration d’une TVA réduite sur les créations d’espaces verts, à l’instar des achats horticoles, afin de limiter le coût des aménagements paysagers pour les communes. Car selon les résultats de l’étude les espaces verts urbains auraient de multiples avantages.

Un impact sur la santé et l’écologie

Les espaces verts en ville réduiraient le stress, l’hypertension et l’asthme. Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet d’étude Asterès estime que « 10 % d’espaces verts en plus dans un rayon d’un kilomètre permettraient de réaliser 56 millions d’euros d’économie sur le traitement de l’asthme et 38 millions d’euros sur l’hypertension pour l’assurance santé ». En plus des bienfaits santé, les jardins favorisent également l’activité physique et permettent de créer du lien social, mais ont aussi un impact écologique évident. Les espaces verts développent la biodiversité au sein même des grandes agglomérations et ils permettent de lutter contre l’érosion des sols, la pollution atmosphérique et les îlots de chaleur urbains.

Potager © 2013 Ville de Nancy

Potager © 2013 Ville de Nancy

Les espaces verts favorisent le développement durable des villes

Si leur accès est gratuit pour les habitants, l’entretien des espaces verts induit un coût pour les collectivités locales. Mais selon l’économiste Nicolas Bouzou : « Hors de tout marché, les services qu’ils assurent (loisirs, rencontres, traitements biologiques, attractivité…) n’ont en effet aucun prix. Leur valeur économique est en conséquence largement sous-estimée. » En effet, habiter ou travailler à proximité d’un espace vert accroît l’attractivité d’une ville. Certaines métropoles urbaines l’ont d’ailleurs bien compris. A Nantes, où tous les habitants vivent dans un rayon de 300 mètres autour d’une zone verte, l’obtention de la distinction « capitale verte européenne » en 2013 a favorisé l’attrait touristique de la ville. D’autres villes comme Issy-les-Moulineaux ont également inclus l’aménagement d’espaces verts dans la lutte contre le changement climatique en étendant par exemple le parc de L’Ile Saint-Germain d’1,2 hectares.

Une manne pour l’emploi

Outre les économies d’énergie qu’un espace vert comme un toit végétalisé permet de réaliser (division de la facture énergétique par 2), c’est aussi l’assurance d’une meilleure valorisation du foncier. La présence d’un espace vert à 100 mètres peut représenter jusqu’à 10 000 euros de plus-value. Et ainsi favoriser les recettes fiscales d’une commune.
Enfin, les espaces verts sont à l’origine de création d’emplois. Toujours selon l’étude, les espaces verts créeraient 3 emplois tous les 200 000 euros investis, soit 3,5 plus que la moyenne des autres secteurs économiques. En France, sans compter les agents municipaux, ce sont 91100 emplois privés qui sont en charge de leur entretien. De quoi donner envie d’investir sur les espaces verts en milieu urbain !

Le Centre ville d'Angers © ville d’Angers

Le Centre ville d’Angers © ville d’Angers

> L’étude est à découvrir ICI dans son intégralité

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