Le bâtiment s’adapte à son époque et devient réversible

02 Fév Le bâtiment s’adapte à son époque et devient réversible

Conception, construction, démolition ont pendant longtemps été les trois étapes clés de la vie d’un bâtiment. Dans les années 1950 et jusqu’au début des années 1970, il fallait construire beaucoup et vite, afin de loger une population toujours plus importante (la population a augmenté de 17 millions entre 1954 et l’an 2000, soit plus qu’entre 1700 et 1950), notamment du fait de l’immigration et l’allongement de la durée de vie. A ce triptyque est venue s’ajouter la rénovation ou la réhabilitation. La simple démolition-reconstruction ne pouvait pas ignorer plus longtemps les crises économiques successives et les problématiques écologiques que personne ne peut aujourd’hui ignorer. Une des solutions qui est de démolir pour reconstruire des bâtiments énergétiquement performants, ne représente un gain environnemental qu’à très long terme. En effet, selon Olivier Sidler (un des créateurs de l’association Négawatt), cette façon de procéder mobilise l’équivalent de 25 à 50 ans de la consommation énergétique annuelle ultérieure du bâtiment, « Chaque fois que c’est possible, il vaut mille fois mieux réhabiliter que démolir. En termes de gaz à effet de serre, il n’y a pas photo. »

Les temps changent

Problématiques économiques et écologiques ne sont pas les seuls bonnes raisons pour faire appel à la rénovation. Nos modes de vies entrent aussi en jeu. Ils ont été bouleversés au cours de ces dernières années. L’augmentation du nombre de familles monoparentales, recomposées ; les enfants partant de plus en plus tardivement du cocon familial (études longues, pertes d’emplois…) ; les personnes âgées qui souhaitent rester autant que possible chez eux ; la monté en puissance du télétravail… sont autant de facteurs nécessitant des aménagements, pour un confort de vie optimal. Outre le télétravail, les espaces de co-working viennent aussi considérablement modifier la façon de travailler de nombreux auto-entrepreneurs, petites structures, commerciaux, etc.

Les interconnexions des usages sont aussi de plus en plus nombreuses. La création d’îlots ou de bâtiments mélangeant logements, commerces et bureaux fait florès. Les bâtiments, voir les quartiers à usage unique ne sont plus dans les codes, dans les mœurs actuelles. Il est dorénavant fréquent de voir des espaces de coworking en rez-de-chaussée d’immeubles, le reste des étages étant des chambres étudiantes ou des habitations classiques.

La réversibilité se traduit donc à la fois par un changement d’usage du bâti (logements en bureaux) mais elle est aussi par un changement d’utilisation de l’espace de ce même bâti (modification de l’espace du logement, qui garde sa fonction principale).

 

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