Nantes Métropole, Helsinki et Hambourg : une subvention européenne en faveur de la transition énergétique

Halle 6 ouest. Espace public. Halle 4 & 5. Nantes (Loire-Atlantique) © Spectrum/Samoa

19 déc Nantes Métropole, Helsinki et Hambourg : une subvention européenne en faveur de la transition énergétique

Nantes Métropole, Helsinki et Hambourg viennent de remporter ensemble un Appel à projets européen mySMARTLife pour développer des solutions innovantes en matière de rénovation et transition énergétique. Une première pour Nantes Métropole comme nous le confirme Julie Laernoes, sa vice-présidente en charge des questions de transition énergétique, climat, énergie et développement durable.

Pourquoi avoir choisi de répondre à cet Appel à projets européen ?Julie Laernos-Nantes Metropole

Julie Laernoes : C’est la troisième fois que nous y répondions et nous avons pu enfin obtenir cet appel à projets en partenariat avec Helsinki et Hambourg (Première capitale verte d’Europe). Notre conception est que nous sommes plus forts à plusieurs en nouant des partenariats. Nous apprenons de ce qui se fait ailleurs sur la transition énergétique et le climat plus globalement. Ce qui nous permet d’expérimenter des projets qui vont dans le sens de la transition énergétique sur notre territoire. Nous faisons partie d’un consortium européen, mais après, chaque ville met en place ses propres projets concrets avec des opérateurs définis. A Nantes, nous avons 9 partenaires : des entreprises privées, l’Ecole des Mines pour la recherche, Nantes Métropole Habitat et notre opérateur public de transport, la Semitan, sur les questions de mobilité.

Une façon de confirmer pour Nantes Métropole son ancrage européen ?

J.L : C’est extrêmement important. Johanna Rolland, la maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, a présidé pendant 2 ans Eurocities, un réseau de grandes villes européennes. Nous faisons également partie de l’association européenne Energie City pour la transition énergétique et surtout du Réseau Capitale verte en Europe. Cela nous donne la possibilité entre villes européennes de se croiser et d’échanger sur les bonnes pratiques. Nous croyons beaucoup à la coopération entre les villes qui ont des enjeux similaires comme l’amélioration de la qualité de l’air, le choix de transport alternatif pour le flux de marchandise sur les derniers kilomètres, la rénovation des copropriétés construites dans les années 70 qui sont très énergivores… 
Chaque ville développe de son côté une politique publique et met en place des actions sur un sujet plutôt qu’un autre. Et donc c’est intéressant de capitaliser les idées qui fonctionnent et celles qui ne fonctionnent pas, aussi bien avec des villes européennes qu’avec des villes plus proches de nous. Comme Bordeaux par exemple, avec qui nous avons pu échanger sur le développement du réseau de chaleur et sur l’achat groupé d’électricité.

Cours des 50 Otages ©Roberto Giangrande

Cours des 50 Otages ©Roberto Giangrande

En quoi consiste MySMARTlife ?

J.L : Avec cet appel à projets, l’idée était de faire de la transformation urbaine pour les villes un levier majeur pour que la transition énergétique devienne une réalité sur le territoire. Ce qui coïncidait parfaitement avec la restructuration de notre Plan Local d’Urbanisme (PLU) sur la métropole. Début septembre, nous venons également de lancer un grand débat public sur la transition énergétique, car nous trouvons essentiel d’intégrer les habitants du territoire à cette démarche.
Nous allons d’abord tester le projet MySMARTlife à l’échelle d’un quartier, celui de l’Île, puis dans un second temps, nous verrons comment cela peut être reproduit et élargi à plus grande échelle. Nous avons travaillé sur plusieurs aspects : la rénovation énergétique, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables dans les copropriétés privées, les maisons individuelles et les logements sociaux. Parallèlement au projet MySMARTlife, nous allons lancer un guichet unique dans les prochaines semaines pour la rénovation des maisons individuelles.

Qui dit transition énergétique dit forcément Data ?

J.L. : MySMARTlife c’est aussi my Smart green avec la modélisation du réseau de chaleur Centre Loire qui produit et stocke de l’énergie renouvelable. Avec ses 80 km de réseau à terme, le réseau de chaleur Centre Loire va devenir l’un des réseaux de chaleur les plus conséquents en France. Grâce aux sous-stations, nous allons pouvoir avoir accès aux données.
Cette gestion des données urbaines et développement se fera via un Data Lab sur l’énergie qui fait partie du projet Smile porté par les Pays-de-Loire et la Bretagne. L’objectif est d’obtenir un open source des données énergétiques afin que chacun puisse s’en saisir pour réduire sa consommation et pourquoi pas, créer de nouvelles applications numériques. Car selon nous, la transition numérique se doit d’être au service de la transition énergétique.
Nous avons également le projet de chaudière numérique avec Engie, où les données numériques stockées vont pouvoir chauffer des locaux. Nous avons de plus en plus de données dans des data center qui sont de plus en plus puissants et qui consomment de plus en plus d’énergie, ce qui est paradoxal avec la transition énergétique. Or nous avons eu la chance d’avoir une étudiante qui a monté un projet intitulé « Comment les data center peuvent chauffer des bâtiments ». Nous allons donc posséder un démonstrateur complet sur Nantes.

Quartier Prairie au Duc. Nantes (Loire-Atlantique) 11/2015 © Valery Joncheray/Samoa

Quartier Prairie au Duc. Nantes (Loire-Atlantique) 11/2015 © Valery Joncheray/Samoa

En ce qui concerne la production d’électricité, vous aviez déjà mis en place certaines expérimentations : le remplacement des ampoules par les leds, l’éclairage public qui s’éteint après une certaine heure… est-ce que les résultats sont là ?

J.L. : Oui. Sur la question de l’éclairage public, nous avions déjà un peu de recul et de résultats puisque ces actions ont permis de générer des économies importantes. Après, ces mesures ne peuvent pas être appliquées de la même manière sur l’ensemble du territoire puisqu’il faut prendre en compte le facteur d’acceptation sociale. Sur MySMARTlife, nous envisageons de faire que les lampes s’allument lorsqu’il y a un passage. Nous testons différentes solutions qui convergent toutes vers ce que nous appelons la gestion intelligente de l’éclairage public. En ce qui concerne l’électro-mobilité, nous avons passé commande d’un grand busway électrique et 2 bornes de recharge pour des véhicules individuels vont être installées.

Est-ce que vous avez une obligation de résultat d’ici 2020 par rapport à cette subvention européenne ?

J.L. : Sur les conditions des financements européens, ce n’est pas mon domaine, mais ce qui est sûr, c’est que Nantes Métropole est pleinement mobilisée sur la transition énergétique. Le montant de la subvention européenne a légèrement baissé et quand nous calculons la somme des actions prévues, nous dépassons l’aide financière allouée : le budget global étant de 5,6 millions d’euros dont 4, 4 qui proviennent de la subvention européenne. C’est pourquoi nous sommes en train de rechercher des partenariats et des fonds pour pouvoir tout financer.

Halle 6 ouest. Espace public. Halle 4 & 5. Nantes (Loire-Atlantique) © Spectrum/Samoa

Halle 6 ouest. Espace public. Halle 4 & 5. Nantes (Loire-Atlantique) © Spectrum/Samoa

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