/// REGARD : Matthieu Poitevin, architecte jardinier

09 Oct /// REGARD : Matthieu Poitevin, architecte jardinier

En novembre 2017, le salon Batimat lance, en partenariat avec la revue L’Architecture d’Aujourd’hui, la première édition de Regard sur l’Architecture, un ouvrage et un cycle de conférences inédits pour réfléchir sur la place de l’habitant / de l’usager au sein du projet architectural.

La Friche la Belle de Mai, lieu culturel emblématique de Marseille, fait partie des projets publiés. Entretien avec Matthieu Poitevin, architecte principal d’une réhabilitation exemplaire.

 


 

L’Architecture d’Aujourd’hui : La Friche la Belle de Mai fait partie des réalisations présentées dans Regard sur l’Architecture. Que pensez-vous de cette initiative éditoriale menée par Batimat ?

Matthieu Poitevin : Le marché de la construction vient s’intéresser à ce qui était jadis rasé sans la moindre discussion. C’est bien, c’est réconfortant. Cela prouve que la beauté est dans ces bâtiments qui ont supporté tous les sévices du temps et que maintenant, c’est flagrant.

 

L’Architecture d’Aujourd’hui : Sur ce projet, quel était le principal défi rencontré et comment l’avez-vous résolu ?

Matthieu Poitevin : Tout était un défi ! Construire sans programme. Construire avec ceux qui travaillaient déjà sur place.  Construire ici une adresse, une destination où personne n’allait. Construire un lieu public en 3 dimensions. Construire avec le moins possible pour offrir le plus possible.  Faire de rien un festin et croire en l’avenir, saperlipopette ! Embarquer tout le monde dans un voyage immobile.

Il y avait tant de défis ! Le plus beau c’est sans doute de n’avoir jamais cédé un pouce à ce que l’on souhaitait pour le bâtiment.

 

L’Architecture d’Aujourd’hui : Votre travail à la Friche la Belle de Mai illustre une problématique essentielle : l’adaptation de l’architecture à l’appropriation. Comment avez-vous intégré les questions d’usages dans votre projet ?

Matthieu Poitevin : Pas d’accord. L’appropriation induit la propriété. Je crois que ça n’est pas de cela dont il est question mais d’espaces partagés.  On partage les « grandes tables » du restaurant, les cours, les rues, la place ! Celui qui s’approprie son lieu commence par mettre des sacs poubelles aux fenêtres puis des rideaux puis des barreaux. C’est un lieu où l’altérité doit retrouver son droit de cité.

L’usage c’est juste la moindre des choses, pas une fin, bien au contraire. Il faut tout faire impeccablement, tout définir en fonction de la demande qui nous est faite mais ne rien finir pour que l’imaginaire puisse trouver racine et tout changer si nécessaire et en fonction des opportunités.

Entretien réalisé par L’Architecture d’Aujourd’hui en août 2017.

 


Observateur engagé des grandes tendances du secteur, Batimat a lancé à l’occasion de la Biennale d’Architecture de Venise 2016, la démarche Regard sur l’Architecture, fruit d’un questionnement simple mais primordial : les architectes formulent de véritables visions, mais qu’en est-il de l’impact de leurs bâtiments sur les habitants et les usagers ? Qu’en est-il de l’ambition ultime de l’architecte, à savoir assurer notre mieux-vivre ?

Véritable enquête de terrain menée pendant 12 mois auprès de ceux qui conçoivent, réalisent et vivent le bâtiment, Regard sur l’Architecture offre un éclairage inédit sur une sélection de réalisations hors du commun, réalisées récemment, et choisies pour la qualité de leur « réponse architecturale » à une problématique donnée : habitat d’urgence, habitat social, habitat collaboratif…

Conçu comme un carnet d’inspiration à destination des professionnels et du grand public, Regard sur l’Architecture se concrétisera par l’édition biennale d’un mook, dont la première édition sera disponible en novembre, à l’occasion de Batimat 2017.

Rencontrez les contributeurs du projet lors d’une après-midi de débats animés par L’Architecture d’Aujourd’hui, mercredi 8 novembre à partir de 13h00 sur le Forum Regard sur l’Architecture de Batimat (hall 5A).

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